Biographie

Né en 1995, Nikita a grandi à Bruxelles, dans les quartiers populaires et cosmopolites de Molenbeek et puis de Laeken (Belgique).

Dès tout jeune il dessine intensément, de manière naturelle et instinctive. Fasciné par toutes les formes d’arts visuelles, de la bande dessinée aux dessins classiques d’un Delacroix ou d’un Picasso, il rêve déjà de devenir artiste peintre.

Soutenue par un environnement familial ouvert aux expressions artistiques et aux diversités culturelles, sa passion grandit et il cherche divers moyens de se former aux arts plastiques. Adolescent, c’est dans la rue, les mains pleines de peinture, qu’il joue au chat et à la souris avec les règlements pour explorer l’univers et la pratique du graffiti. Toute sa vie est là. D’autant qu’il se sent en prison dans l’étroitesse de l’univers scolaire qui met si peu en valeur la passion qui l’anime. Il se désintéresse de l’enseignement classique et se retrouve hors cadre, mais il s’obstine. Il se racroche aux valeurs de sa famille ainsi que du mouvement “Hip Hop“, des valeurs de dépassement de soi, d’acceptation, de tolérance et de partage. Son objectif reste clair : devenir artiste peintre. Il travaille la peinture sur bateau au port de Bruxelles et se débrouille pour raccrocher à différentes formations artistiques qui complètent sa démarche autodidacte intensive. Il est avide de contacts avec des ar- tistes de différentes générations, différents univers, qui nourrissent également son parcours.

Les premiers voyages et la découverte d’autres cultures sont des étapes clés. A 18 ans, il décroche une bourse de la Commu- nauté française avec des amis bruxellois pour aller réaliser à Montréal des fresques murales avec des jeunes canadiens et par- ticiper à la réalisation d’un documentaire sur la production musicale locale ( « Meet The Beats : Montreal » , diffusé à Bozar – Bruxelles, le 15 mars 2017). Il y ressent l’énergie brûlante des grandes métropoles d’outre-Atlantique.

De 2014 à 2018, il séjourne plusieurs fois au Maroc et en particulier à Tanger, ou il travaille comme bénévole pour l’associa- tion Darna qui vient notamment en aide aux jeunes en situation précaire. C’est alors qu’il commence son travail sur l’alpha- bet latin, influencé par la calligraphie arabe et berbère. A partir de l’exploration graphique du mot Kosmos qui symbolise sa démarche, il réalise une fresque murale sur place, est invité à participer à une exposition collective à la galerie Delacroix (‘L’instinct créateur’, Tanger, 2018) et à une résidence d’artiste à la galerie Conil de Tanger.

Au retour il produit une première série de peintures sur métal qui deviendra le début de sa collection ‘Tanger’, pétrie d’indigo et d’influences de la calligraphie arabe. Il intensifie sa recherche graphique sur les alphabets du monde. Tout en se débrouillant de nombreux petits boulots notament dans le secteur de l’imprimerie et comme ouvrier, ce qui lui apportent des compétences techniques utiles, il entame également sa collection de peintures ‘Bruxelles’, y introduit sa pratique calligra- phique du graffiti et explore le jeu des reflets sur le métal, les contrastes de profondeur du mat et du brillant, du noir et de l’or.

En 2019, il part quatre mois en voyage itinérant en Asie du Sud Est. Dans son carnet de dessin, il note, il dessine, les dif- férents types d’écritures rencontrées, leurs formes, leurs couleurs, leurs vibrations. Au fil des pays traversés, il réalise des fresques murales imprégnées des écritures locales, notamment dans une rue de Hue (Vietnam), un centre communautaire à Quy Nhon (Vietnam) ou une auberge de Banaue (Philippines). Il calligraphie une statue extérieure à Bali (Indonésie) ou encore une pirogue de pêche à Karimunjawa (Indonésie). Il rencontre aussi un maître calligraphe local à Hanoï (Vietnam).

Au retour en Belgique, il poursuis sa collection ‘Tanger’ et entame deux nouvelles collections de peintures (‘Hanoî’ et ‘Bali’). D’autres géométries d’écriture, des couleurs vibrantes, des contrastes de saturation et de transparence, inaugurent le travail toujours en cours qui mature dans ses carnets de voyage d’Asie du Sud Est. Après des années de pratique solitaire dans des lieux bricolés, il installe en 2020 son atelier dans l’espace coopératif “La Vallée“ de Molenbeek et cherche à y nouer des col- laborations créatives. Sur des vêtements, des accessoires, du mobilier, des véhicules, il explore les supports pour que bouge et vive au quotidien l’écriture de son Kosmos. Il poursuit aussi la production de sa collection de peinture ‘Bruxelles’ inspirée de son terreau bruxellois. Pour surmonter le poids du confinement sanitaire qui accable les jeunes artistes comme lui et l’em- pêche de repartir à la découverte des diversités des écritures, de leurs terres et de leurs peuples, il puise dans sa peinture la force des échappées belles et se prépare à s’essayer à la sculpture, pour décliner son Kosmos en trois dimensions.

 

Encouragé par des expériences à petite échelle d’ateliers d’initiation, il travaille aussi à développer des formes de partage de sa passion et de transmission de son savoir-faire avec des plus jeunes. Les difficultés d’un parcours atypique, il connaît. Il en tire le désir de soutenir les jeunes à oser s’exprimer, oser explorer cette richesse en soi-même qui semble si décalée des attentes formatées du monde extérieur, oser créer.